Une étude scientifique inédite apporte un éclairage surprenant sur l’un des mystères les plus emblématiques du folklore écossais. Contrairement aux idées reçues, ceux qui affirment avoir aperçu le légendaire monstre du Loch Ness pourraient bel et bien dire la vérité ou du moins, avoir observé un phénomène réel.
Dirigée par le statisticien Charles Paxton de l’Université de St Andrews et le naturaliste Adrian Shine, cette étude, récemment publiée dans la revue Endeavour, s’est penchée sur des centaines de témoignages recensés au fil des décennies. L’objectif : déterminer si les descriptions de Nessie sont influencées par les représentations populaires du monstre, notamment celles véhiculées dans les boutiques de souvenirs écossaises.
Résultat : les chercheurs ont découvert un écart significatif entre les représentations culturelles du monstre et les récits réels des témoins. Alors que 30 % des cartes postales montrent un Nessie serpentiforme ondulant hors de l’eau, moins de 2 % des témoignages mentionnent cette image archétypale.
Pour le Dr Paxton, ce constat est révélateur : « Il serait erroné de supposer que les gens inventent simplement leurs expériences. Je suis convaincu que la majorité rapporte ce qu’elle croit réellement avoir vu », déclare-t-il. Il nuance toutefois : cela ne confirme en rien l’existence d’une créature légendaire, mais plutôt la sincérité des témoins. « Le monstre du Loch Ness existe, au moins en tant que phénomène rapporté », souligne-t-il.
Les chercheurs sont également formels : la description d’un monstre dont le corps forme des cerceaux hors de l’eau est hautement improbable sur le plan biologique. Adrian Shine explique : « Les serpents se déplacent latéralement dans l’eau. Si les boucles sortent de l’eau, il n’y a rien contre quoi s’appuyer pour avancer. C’est mécaniquement inefficace. »
Autrement dit, les rares témoignages décrivant un « Nessie ondulant » sont probablement des erreurs d’observation voire des fabrications pures et simples.
Pour Shine, figure incontournable du Loch Ness Project et membre de la Royal Geographical Society, cette étude renforce toutefois la crédibilité des nombreux autres témoignages, plus sobres et cohérents. « Puisqu’ils ne rapportent pas les boucles stéréotypées, leur récit a davantage de chances d’être sincère et bien observé », affirme-t-il.
Malgré un certain scepticisme quant à l’existence d’un monstre, les chercheurs estiment que ces observations méritent d’être prises au sérieux. Ils suggèrent que des phénomènes naturels, comme des sillages de bateaux ou des oiseaux aquatiques, pourraient expliquer certains des signalements. Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter.
Valentin Rican (rédaction btlv source revue Endeavour – photo home page @btlv)







