3I/ATLAS : un télescope à rayons X remet en question les hypothèses cométaires

15 décembre 2025

Le satellite XRISM, dédié à l’astronomie à rayons X, a réalisé une observation de la comète 3I/ATLAS. L’objectif étant d’étudier ses émissions de rayons X afin de mieux comprendre sa nature cométaire.

VISUEL AVI LOEB

Les rayons X sont émis par tous les éléments énergétiques de l’univers, y compris les étoiles chaudes, les trous noirs supermassifs et bien d’autres. C’est en 1996, avec la comète Hyakutake, que l’on a découvert que les comètes pouvaient émettre des rayons X.

Avant la découverte de la comète 3I/ATLAS, aucun objet interstellaire n’avait montré de signature similaire, selon les observations effectuées par la mission XRISM. Cette dernière a mis en lumière que la comète 3I/ATLAS était le tout premier objet interstellaire à présenter une signature en rayons X. Ne sachant pas jusqu’à présent, si les comètes interstellaires se comportaient de la même manière que celles du système solaire, la comète 3I/ATLAS, particulièrement active, fut considérée par les scientifiques comme une cible de choix pour les observations en rayons X.

VISUEL ABO NOEL

OBSERVATIONS RAYONS X DE LA COMETE INTERSTELLAIRE 3I/ATLAS

L’observation de la comète 3I/ATLAS a été réalisée de manière opportuniste, car les instruments de XRISM ne pouvaient pas diriger leur regard directement vers le Soleil. Au périhélie, la comète atteignait son pic de luminosité et d’activité, mais l’instrument devait rester à 60 degrés au minimum du Soleil.

La période de pointage autorisée par XRISM a eu lieu entre le 26 novembre 2025 à 23h20 et le 28 novembre 2025 à 20h38. Cette observation a duré durant 17 heures d’exposition effective, ce qui a permis de suivre la comète dans la constellation de la Vierge. Pour cela, le satellite a été ajusté 14 fois, toutes les 3 heures, afin de garder la comète près du centre du champ de vision du télescope Xtend1.

PREMIERES ANALYSES DE LA FAIBLE LUEUR DE RAYONS X DE LA COMETE 3I/ATLAS

Suite à la reconstruction des images, une analyse préliminaire a été réalisée et a mis en évidence une faible lueur de rayons X s’étendant sur environ 400 000 km autour du noyau de la comète. Cette lueur, difficile à distinguer à cause du flou naturel des images de XRISM, pourrait suggérer la présence d’un nuage de gaz diffus émettant faiblement des rayons X sur plusieurs centaines de milliers de kilomètres. Avant de pouvoir affirmer que cette émission a une origine cométaire, des études et des investigations supplémentaires sont indispensables. Ces structures pourraient aussi être le résultat d’effets instrumentaux comme le bruit du détecteur ou le vignettage. Si cette hypothèse se vérifie, cela pourrait indiquer que les émissions de rayons X sont dues à des échanges de charges dans l’espace.

INTERACTIONS THERMIQUES ENTRE LE SOLEIL ET LES COMETES

Lorsque les comètes s’approchent du soleil, leur surface glacée se réchauffe et s’évapore sous l’effet de la lumière solaire, formant ainsi des nuages de gaz autour d’elles. Ce gaz interagit avec le vent solaire, un flux énergétique de particules chargées émis par le soleil, générant une émission de rayons X spécifique. Selon les observateurs, le plasma a frappé le gaz de la coma, ce qui a permis de libérer des électrons des atomes de ce gaz. C’est cette énergie qui a pu provoquer l’émission de rayons X.

RMI 11 (3)

Malgré le fait que les comètes soient les corps les plus froids de l’univers, leur interaction avec le plasma a produit des électrons à des températures atteignant plusieurs millions de degrés. L’équipe de recherche a également des preuves supplémentaires, y compris des signatures spectrales d’azote, d’oxygène et de carbone dans les données.

DES OBSERVATIONS SUPPLEMENTAIRES POURRAIENT APPORTER PLUS DE DETAILS

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, la présentation des éléments dans les données n’aurait pas été possible avec une autre source. Les astronomes pourraient obtenir davantage d’observations, car de nombreux autres observatoires surveillent la comète. De nouvelles observations en rayons X dans les semaines à venir pourraient permettre d’étudier la comète au plus près de la Terre.

La troisième comète interstellaire a été observée pour la première fois le 1er juillet 2025, et sa position dans le ciel rend son observation complexe. Pendant plusieurs mois, elle était trop proche du Soleil pour que des observations en rayons X soient possibles. Ce détail important concernant son émission a donc dû attendre le moment opportun. Pour ne rien manquer de l’actualité liée à 3I/ATLAS, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

Valentin Rican (rédaction btlv source XRISM – photo home page @btlv via adobe stock)

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