Pour cet astrophysicien, financer la recherche sur les phénomènes aériens non identifiés serait déjà un premier pas vers une véritable politique spatiale. Derrière cette déclaration se cache surtout une critique du manque d’investissements de l’Australie dans son secteur spatial.
La recherche sur les phénomènes aériens non identifiés (PAN), autrefois considérée comme marginale, est aujourd’hui régulièrement évoquée dans les débats sur la surveillance de l’espace. En Australie, cette réalité a conduit un astronome de renom à faire une déclaration pour le moins surprenante : s’il fallait passer par le financement des recherches sur les OVNI pour que le gouvernement investisse enfin dans le secteur spatial, il s’en satisferait volontiers.
UNE STRATÉGIE SPATIALE AMBITIEUSE… MAIS SANS NOUVEAUX MOYENS
Le gouvernement australien a récemment présenté une nouvelle déclaration de politique spatiale, portée par le ministre de l’Industrie, Tim Ayres. Ce document fixe plusieurs priorités : renforcer les capacités de recherche, développer les technologies de lancement, soutenir l’agriculture spatiale et accélérer les innovations liées à l’exploration.
Toutefois, cette feuille de route ne prévoit, à ce stade, aucun financement supplémentaire. Une absence que Brad Tucker, astrophysicien et professeur à l’Université nationale australienne (ANU), juge particulièrement préoccupante. « C’est comme acheter une boîte de pansements sans jamais en utiliser un », résume-t-il.
Brad Tucker ne plaide pas uniquement pour une meilleure compréhension des phénomènes inexpliqués. Selon lui, les outils développés pour étudier les PAN présentent un intérêt scientifique bien plus large.
« Je prendrai tout ce qu’on pourra obtenir. Au moins, si vous suivez les PAN ou les OVNI, vous suivez aussi les débris spatiaux. C’est ce qu’on appelle la connaissance de la situation spatiale », explique-t-il.
Cette « connaissance de la situation spatiale » (Space Situational Awareness) consiste à surveiller l’ensemble des objets évoluant en orbite terrestre : satellites actifs, débris spatiaux, météoroïdes ou encore tout phénomène inhabituel susceptible d’affecter les infrastructures spatiales. Les systèmes capables de détecter un objet non identifié sont, en pratique, les mêmes que ceux utilisés pour protéger les satellites ou anticiper les risques de collision.
UN SECTEUR SPATIAL EN MANQUE DE SOUTIEN
Les inquiétudes de l’astronome s’appuient sur une réalité budgétaire. Depuis 2024, le budget de l’Agence spatiale australienne aurait été réduit de plus de moitié, un signal qui témoignerait, selon lui, du faible niveau de priorité accordé au spatial par les autorités fédérales.
Pourtant, Brad Tucker souligne que la recherche australienne affiche des performances largement supérieures à ce que la taille du pays pourrait laisser attendre.
« Nous obtenons des résultats bien supérieurs à la moyenne. Nous faisons beaucoup mieux que ce que notre taille laisserait supposer, mais il nous manque les infrastructures nécessaires pour franchir une nouvelle étape », estime-t-il.
La stratégie gouvernementale prévoit néanmoins plusieurs mesures destinées à accélérer l’approbation des projets spatiaux et à renforcer la compétitivité du pays face aux grandes puissances du secteur, notamment les États-Unis et l’Inde.
L’Australie mise sur plusieurs domaines d’excellence : les lanceurs, les satellites, les technologies de navigation, les véhicules hypersoniques, la robotique ainsi que les procédés de fabrication avancés.
Grâce à sa position géographique et à ses infrastructures scientifiques, Canberra espère également devenir un acteur majeur des lancements et des retours de fusées dans la région indo-pacifique.
Si la référence aux OVNI a retenu l’attention, le message de Brad Tucker est avant tout un appel en faveur d’une politique spatiale plus ambitieuse. À ses yeux, la recherche sur les PAN ne constitue pas une discipline à part, mais un domaine pouvant contribuer à améliorer la surveillance de l’environnement spatial, la sécurité des satellites et le développement des capacités technologiques nationales. Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter.
Valentin Rican (rédaction btlv source Daily Mail – photo home page @btlv)








