Découverte au large des Açores, dans l’océan Atlantique, le 4 décembre 1872, la Mary Celeste, une brigantine marchande, est au cœur d’un mystère qui alimente encore aujourd’hui de nombreux débats.
Le navire tristement célèbre fut retrouvé à la dérive et abandonné cette année-là, donnant naissance à un mystère qui allait perdurer pendant plus de 150 ans. Totalement à la dérive, le navire fut abandonné, sous une voile partielle et avec l’une de ses embarcations de sauvetage manquante. A bord, plus aucun membre de l’équipage fut retrouvée et aucun indice sur ce qui aurait pu les pousser à abandonner un navire qui, au moment de sa découverte, était encore en parfait état de navigation.
UN JOURNAL DE BORD STOPPÉ NET
Retrouvé le 4 décembre, la dernière mention apportée sur le journal de bord date de 10 jours plus tôt. Selon lui, la Mary Celeste avait quitté New York pour Gênes le 7 novembre. Une fois à bord, les marins qui l’ont découvert ont pu constater qu’il y avait d’abondantes provisions à bord, et que la cargaison était quasi intacte à un détail près qui a peut-être son importance dans la résolution de l’énigme.
Après plus d’un siècle de spéculations, des chercheurs pensent avoir pu confirmer ce qui est considéré comme la raison la plus probable de l’abandon du navire par l’équipage. La Mary Celeste transportait alors 1 700 barils d’alcool pur. Lors de la fouille du navire après sa découverte, on constata que 9 barils étaient vides. Pour les chercheurs qui tentent d’apporter une explication, la découverte de ces barils d’alcool laisse supposer que des fuites d’éthanol auraient pu remplir la cale de vapeurs inflammables qui auraient fini par s’enflammer et provoquer une violente explosion.
Le Dr Jack Rowbotham, chimiste à l’Université de Manchester, a déclaré au Daily Mail : « Ce qui nous a toujours paru suspect en tant que chimistes, c’est que leur cargaison était composée presque exclusivement d’éthanol pur. » Ironie du sort, l’équipage était en réalité totalement abstinent, ayant été engagé par le capitaine Benjamin Briggs précisément pour cette raison. Apeuré, l’équipage aurait vraisemblablement abandonné le navire, craignant pour sa vie.
Pour étayer cette hypothèse, des chercheurs ont mené une expérience en déclenchant une explosion d’éthanol identique sur une maquette du navire. Tout comme sur le véritable Mary Celeste, aucune trace d’explosion n’a été observée et les autres barils d’alcool n’ont pas pris feu.
Le Dr Rowbotham affirme que l’alcool était tout de même la cause probable de leur chute, même si ce n’était pas de la manière dont beaucoup le soupçonnaient : « Il existe une température clé très importante pour l’éthanol, et c’est 13 °C (…) ce point, est appelé point d’éclair, il s’agit de la température minimale à laquelle les vapeurs d’éthanol s’enflamment. »
A noter que la Mary Celeste a embarqué sa cargaison d’éthanol à New York en plein hiver, alors que les températures étaient bien inférieures au point d’éclair, mais en se dirigeant vers l’est, en direction des Açores, les températures ont commencé à grimper pour atteindre un peu plus de 20°C. Par ailleurs le journal de bord indiquent que la Mary Celeste avait essuyé du mauvais temps en route, ce qui les avait contraints à fermer les écoutilles, les vapeurs d’éthanol ne pouvant pas s’échapper correctement.
Lorsque le beau temps est revenu, l’équipage a ouvert les écoutilles en grand, laissant l’oxygène s’engouffrer créant un mélange extrêmement inflammable. Si à ce jour, les chercheurs ne savent pas exactement ce qui a véritablement déclenché l’incendie, une simple étincelle aurait suffi à provoquer une explosion énorme.
Pour les besoins d’un documentaire de Channel 5 au Royaume-Uni, le docteur Rowbotham et le docteur MairIls ont construit une maquette du navire à l’échelle 1/18 et ont rempli la cale avec une quantité proportionnelle de vapeur d’éthanol. Leur théorie fut confirmée. L’hypothèse de la fuite d’éthanol semble donc l’explication la plus plausible du drame. Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux grandes énigmes, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Bob Bellanca (rédaction btlv source Channel 5 – photo home page @btlv via ChatGPT)








