Des chercheurs suédois et britanniques ont fait des avancées significatives dans la compréhension de ce que les ésotéristes appellent le « troisième œil » humain, situé au centre du crâne.
Les scientifiques affirment que cet organe, connu sous le nom d’œil médian ancestral composite, est crucial pour notre espèce et qu’ils ont élucidé son processus de formation. Ils suggèrent que nos ancêtres, après avoir perdu leurs yeux latéraux il y a environ 500 millions d’années, se sont appuyés sur cet organe pour naviguer dans leur environnement.
Leur recherche révèle que ces espèces anciennes, qui n’avaient pas de colonne vertébrale (non vertébrées), se sont enterrées et ont perdu l’utilisation de leurs yeux normaux, devenant ainsi dépendantes de cet œil central pour détecter la lumière.
Connue sous le nom de glande pinéale, ce « troisième œil » est documenté depuis l’époque grecque antique, mais on pensait qu’il avait évolué indépendamment des yeux. Cependant, des découvertes récentes ont établi un lien entre son utilisation par les ancêtres de l’humanité et son rôle actuel.
UN TROISIÉME ŒIL ET UNE FONCTION RÉELLE
Comme le soulignent les chercheurs, des traces de cet organe sont encore présentes dans le crâne humain. Bien qu’il ne puisse plus détecter la lumière, il reçoit des données sur l’obscurité et la luminosité via nos yeux, influençant ainsi la régulation du sommeil.
Même si on ne le voit pas, ce troisième œil est responsable de la production de mélatonine, l’hormone qui informe le corps de la nuit et du besoin de repos. Cette hormone joue un rôle clé dans l’ajustement des rythmes circadiens, le cycle biologique de 24 heures, facilitant l’endormissement et impactant divers processus corporels au cours de la journée et de la nuit.
Ces processus incluent la régulation du système immunitaire, la reproduction, et selon certains chercheurs, l’humeur et la gestion de la température corporelle. Bien qu’il ne fonctionne plus comme un œil traditionnel, le « troisième œil » est composé de pinéalocytes, des cellules spécifiques qui sécrètent la mélatonine.
L’étude publiée dans la revue à comité de lecture Current Biology, visait à explorer l’évolution de l’œil et de la rétine au cours de millions d’années. Sous la direction du professeur Thomas Baden, un neuroscientifique de l’université du Sussex, l’équipe a découvert que les ancêtres primitifs de l’homme possédaient à la fois des yeux latéraux et une structure photosensible centrale.
UNE TÊTE ET TROIS YEUX
Il y a environ 500 millions d’années, lorsque certains de ces ancêtres ont commencé à vivre dans des terriers et à se nourrir en filtrant la nourriture, ils ont perdu leurs yeux latéraux. Ils ont alors commencé à dépendre presque exclusivement de la structure centrale pour s’orienter et déterminer le cycle jour/nuit. Par la suite, les chercheurs estiment que certaines sections de ce troisième œil ont évolué et se sont déplacées latéralement sur la tête, devenant un organe essentiel.
Actuellement, nos yeux contiennent des nerfs connus sous le nom de rétines. Tom Baden a expliqué à BBC Science Focus : « L’envie de connaître l’heure ou de comprendre l’orientation dans les profondeurs marines demeure. Nous croyons donc que c’est à cette époque que nous avons perdu la capacité de voir sur les côtés, mais que nous avons conservé la vision médiane, car c’est son but (…) Ainsi, pour faire simple, la rétine est plus ancienne que l’œil. »
L’équipe de chercheurs internationaux n’a pas entrepris de nouvelles expériences ni de scans mais scruté en profondeur divers travaux de recherche déjà publiés et des données génétiques. Ils ont utilisé des informations provenant d’espèces animales comme les lamproies et les poissons afin de comprendre comment cet œil joue encore un rôle chez les espèces proches de l’homme.
Ces découvertes ont modifié la perception des scientifiques concernant cet œil énigmatique, démontrant que nos rétines et la glande pinéale partagent une origine commune, au lieu d’avoir évolué de manière distincte. Si notre « troisième œil » ne se voit pas physiquement, chez certaines espèces, comme le tuatara, un reptile néo-zélandais, il est visible, et inclut une rétine et une lentille, semblables à leurs yeux ordinaires.
Bien que sa principale fonction ne soit pas de voir des images avec précision, cet organe est capable de percevoir les changements de lumière, surtout celles venant de la tête. Pour le tuatara, la lumière du ciel joue un rôle crucial dans l’ajustement de ses rythmes circadiens et l’influence de ses comportements quotidiens, comme le moment de se cacher ou de profiter du soleil.
ET LA PERCEPTION EXTRASENSORIELLE DANS TOUT ÇA ?
Bien qu’aucune preuve scientifique solide ne l’atteste, depuis toujours, le « troisième œil » chez l’homme est associé à des dons spirituels, comme la clairvoyance, l’intuition et la perception extrasensorielle. Ce concept est profondément enraciné dans les traditions hindoues et yogiques, où le troisième œil est lié au « chakra Ajna », un point d’énergie dans le corps. Les textes anciens consacrés à la pratique du yoga évoquent l’ouverture de ce chakra comme une voie vers la clairvoyance, l’intuition et la compréhension spirituelle. Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux recherches scientifiques, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source Current Biology – Illustration home page @btlv via adobe stock)









