Des fouilles archéologiques dans la grotte de Delikli, localisée dans la province de Bitlis en Turquie, ont mis au jour des objets qui établissent un lien entre la vie humaine des périodes préhistoriques et celle du Moyen Âge.
Ces découvertes par des archéologues ont mis en lumière une tradition de transmission ancestrale. Selon la publication Anatolian Archaeology, des outils en obsidienne, des poteries réalisées à la main, des sépultures de l’époque ourartéenne (ndlr : un ancien royaume situé dans la région du lac de Van) ainsi que des vestiges de constructions médiévales ont été découverts dans cette grotte. Ces découvertes sont cruciales pour appréhender l’histoire riche de l’Anatolie orientale, en Turquie.
La grotte de Delikli est perchée à environ 60 mètres au-dessus du niveau actuel du lac de Van, dans le district d’Adilcevaz. Elle est sous la gestion du musée Ahlat, sous l’autorité du ministère de la Culture et du Tourisme, et sous la supervision du Dr Sinan Kılıç de l’université Van Yüzüncü Yıl. Elle est un point de connexion entre plusieurs époques historiques.
Les archéologues ont noté cinq niveaux culturels distincts sur le site. Le quatrième niveau, datant du Néolithique ancien, a révélé des outils en obsidienne et des morceaux de céramique faite à la main. À cette époque, la grotte était utilisée comme camp temporaire par des groupes préhistoriques vivant près de l’ancien rivage du lac de Van. Les fouilles ont également mis à jour une tombe collective de l’époque ourartéenne, avec des restes humains et divers objets de valeur, dont des perles, un pendentif en forme de tête de serpent en coquillage, des couteaux en fer, et des récipients en céramique.
BIEN APRÈS LA PREHISTOIRE
Les chercheurs ont également découvert un sol enduit de chaux une construction médiévale, qui avait été partiellement érigée au-dessus des sépultures plus anciennes. « La stratigraphie a montré une occupation ininterrompue », a expliqué le Dr Sinan Kılıç.
Des objets témoignant d’un passé rituel, la découverte d’objets en obsidienne, fabriqués à partir de matériaux sombres et transparents, similaires au verre, pourrait modifier significativement la chronologie de la région.
« Bien que le bassin de Van ait été intensément étudié ces dernières années, nous n’avions jamais rencontré ce genre d’industrie de l’obsidienne auparavant » a rajouté le chercheur qui affirme que ces trouvailles vont modifier notre compréhension de la vie durant la préhistoire non seulement en Asie du Sud-Ouest mais aussi dans l’est de l’Anatolie.
DES RITES ET DES ENTERREMENTS
Les objets ourartéens découverts sur le site suggèrent son utilisation pour des rites ou des enterrements bien après la période préhistorique. Ces artefacts ont été datés entre le VIIe et le IXe siècle avant J.-C. Un dépôt de sable était présent sous la couche ourartéenne. Les archéologues ont interprété ces couches superposées comme une preuve tangible de l’existence d’un lac ancien, qui s’étendait jusqu’à l’entrée de la grotte. Cela suggère que les populations préhistoriques résidaient près de ce lac et tiraient parti de ses ressources abondantes, notamment pour la pêche et la collecte de matières premières.
Après la période préhistorique, le site a probablement conservé une valeur symbolique ou pour des rites funéraires. Plus tard, une structure médiévale a été érigée sur le site, indiquant que la grotte de Delikli a continué à servir de refuge et d’habitat des siècles après. Ce lieu est devenu un point de rencontre de trois grandes époques culturelles de l’histoire de l’Anatolie.
Le Dr Sinan Kılıç a souligné que l’occupation du site s’étendait de la période préhistorique jusqu’à la fin du Moyen Âge, en passant par le royaume d’Urartu. Il a ajouté que les découvertes d’objets en céramique et en obsidienne comblaient une lacune importante dans la connaissance de l’archéologie préhistorique de la région du lac de Van et de l’Anatolie orientale.
Les objets découverts sont en cours de conservation et d’analyse au musée d’Ahlat, dans le cadre de fouilles archéologiques en cours. L’année prochaine, les travaux devraient se poursuivre, approfondissant l’étude des réseaux d’établissements préhistoriques de la région et du commerce des outils en obsidienne, une ressource essentielle pour les premières sociétés de l’Anatolie. Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux grandes découvertes archéologiques, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source Anatolian Archeaology – photo home page @btlv)








