Un gobelet en argent ancien découvert en Cisjordanie, datant de plus de 4000 ans, offre un aperçu fascinant du chaos originel et de la genèse de l’univers.
Des scientifiques ont récemment identifié ce gobelet, connu sous le nom de gobelet d’Ain Samiya, comme la plus ancienne illustration connue de la création de l’univers. Trouvé en 1970 en Cisjordanie, ce gobelet fait l’objet de recherches approfondies pour mieux comprendre la vision du monde et du chaos primordial des civilisations anciennes.
Ce gobelet a été trouvé dans une sépulture scellée près de Kafr Malik, une ville de Cisjordanie. Il remonte à l’âge du bronze intermédiaire, entre 2650 et 1950 avant notre ère. Selon une étude parue en novembre dans le Journal of the Ancient Near Eastern Society, il illustre le moment de la création de l’univers et la formation du cosmos.
Interviewé par Fox News Digital, Eberhard Zangger, un géoarchéologue et président de l’organisation suisse Luwian Studies, a expliqué que le gobelet en argent présente “deux scènes d’une précision incroyable“.
Il a décrit la scène de gauche, où l’on voit un homme-taureau, un buste humain à deux visages, avec deux arrière-trains de taureau, soit quatre pattes arrières. Concernant la scène de droite, Zangger a mentionné qu’elle représentait à l’origine deux figures humaines, mais qu’aujourd’hui, seule l’une d’elles est encore bien conservée.
DES FIGURES HUMAINES
Ces figures humaines, selon Eberhard Zangger, soutiennent une arche semi-circulaire où se trouve un visage rayonnant aux traits humains. Un serpent est présent dans les deux scènes, dominant à gauche et plus discret à droite.
Le chercheur a souligné l’unicité de cette représentation, affirmant qu’aucune autre représentation similaire n’avait été découverte auparavant. Il a décrit le gobelet comme exceptionnel, car il offre une première illustration de la conception ancienne du chaos primordial, l’état du monde avant sa création, fournissant ainsi un aperçu d’une vaste région et d’une période de plus de deux millénaires.
Il a également mentionné que cet état est désigné par le terme Tohu wa-bohu dans la Bible hébraïque. Des résonances de ces idées peuvent être trouvées même dans la philosophie de l’Antiquité grecque. … « La coupe représente cet état originel, indistinct, avant l’apparition du monde structuré. »
Il a également suggéré que l’artiste était vraisemblablement associé à la 3ème dynastie d’Ur, localisée dans le sud de l’actuelle Mésopotamie, qui correspond aujourd’hui au sud de l’Irak.
« Cet objet offre une vision d’une large étendue géographique et d’une époque couvrant au minimum deux mille ans, et probablement beaucoup plus. Bien que les mythes de la création aient indubitablement varié et évolué selon les régions, les idées fondamentales sont restées remarquablement constantes. »
Auparavant, les experts pensaient que la coupe illustrait un affrontement mythologique, une idée que Eberhard Zangger remet en question grâce à son analyse. En se référant à des œuvres d’art comparables trouvées en Égypte, en Anatolie et en Mésopotamie, il a expliqué : « Nous voyons l’arche soutenue par les deux personnages à droite comme un bateau céleste ».
Il a expliqué que ce symbolisme souligne l’ordre, la stabilité et le caractère cyclique du cosmos, ainsi que les rythmes réguliers qui rendent possible l’existence humaine. « Cela inclut le renouveau printanier, la renaissance du soleil chaque jour et les cycles réguliers de la nature », a-t-il ajouté.
« Selon cette vision, les dieux et les humains partagent la responsabilité de maintenir cet ordre cosmique. Avant l’établissement de cet ordre, le désordre régnait, symbolisé par le serpent. Ce chaos n’est jamais complètement éradiqué ; il reste toujours présent, mais sous contrôle, tant que l’ordre est maintenu. »
Il a souligné un point crucial sur les objets trouvés « Ils ne doivent pas être vus de manière isolée » et a mis en avant l’importance de l’archéologie comparative, qui prend en compte les découvertes archéologiques de différentes périodes et régions.
« En procédant ainsi, nous comprenons l’évolution des premières conceptions de la création, dont beaucoup résonnent encore dans les cultures contemporaines », a-t-il affirmé, prenant en exemple l’étoile et le croissant présents sur le drapeau de la Turquie, symboles anciens du ciel. « Cette continuité des symboles à travers le temps montre à quel point les idées cosmologiques anciennes sont toujours profondément ancrées dans nos cultures ». Pour ne rien manquer de l’actualité sur les mystères archéologiques, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source et photo home page @LUWIAN STUDIES)








