Espace : Artemis II, le vol d’essai décisif avant le retour sur le sol lunaire

23 mars 2026

Le 12 avril 1961, Yuri Gagarine. Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong. Et maintenant, pour la première fois depuis un demi-siècle, quatre humains vont de nouveau quitter l’orbite terrestre pour s’aventurer vers la Lune. En effet cette mission n’est pas anodine, elle n’est pas sans danger malgré les progrès techniques réalisés depuis plus de cinquante ans.

UNE MISSION TEST À HAUT RISQUE

Artemis II, dix  petits jours, sans la récompense de l’alunissage, ce vol-ci est un test grandeur nature : est-ce qu’Orion peut garder un équipage en vie là où l’espace devient vraiment hostile ? Reid Wiseman commandera, Victor Glover pilotera, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen, spécialistes de mission, complèteront le tableau. Quatre personnes dans une capsule, lancées par un SLS de 98 mètres qui crachera près de 4 000 tonnes de poussée pour s’arracher à la Terre.

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Huit minutes après le décollage, ils sont en orbite. Trois heures après, Wiseman pilote manuellement Orion pour s’approcher et s’éloigner de l’étage supérieur ICPS, histoire de vérifier que le vaisseau répond bien, que les réflexes sont là. Le lendemain, une mise à feu du moteur avec 2,7 tonnes de poussée les expédie hors de l’orbite terrestre sur une trajectoire balistique autour de la Lune. Pas de retour possible à mi-chemin : c’est une trajectoire de retour libre, le genre qui ramène automatiquement vers la Terre même si tout tombe en panne.

VIE À BORD ET TESTS EN CONDITIONS RÉELLES

En route, ils rament. Littéralement, un flywheel, sorte de rameur compact pensé pour les longs voyages, leur permet de faire trente minutes de sport par jour dans l’espace confiné de la capsule. Entre deux séances, ils simulent une urgence médicale en apesanteur : réanimation cardio-pulmonaire en microgravité, vérification du matériel médical. Le quatrième jour, une heure entière est consacrée à étudier les cibles photographiques lunaires ; ils auront très peu de temps au survol, pas question de chercher.

VISUEL ANTENNE (5)

Le sixième jour, Orion passe entre 6 400 et 9 600 kilomètres de la surface. Les quatre astronautes deviennent les premiers êtres humains depuis 1972 à voir la face cachée de la Lune. Pendant 30 à 50 minutes, le silence radio total s’installe entre la capsule et la Terre. Personne ne peut les entendre, personne ne peut les joindre. La mission battra probablement le record de distance à la Terre de 400 171 km, établi malgré eux par l’équipage d’Apollo 13 après l’explosion d’un réservoir d’oxygène en avril 1970.

LE RETOUR VERS LA TERRE

Le retour occupe trois jours : débrief scientifique, construction d’un abri anti-radiations avec le matériel de bord, pilotage manuel, vêtements de compression pour préparer les corps à retrouver la gravité. Puis le dixième jour, rentrée atmosphérique à 40 000 km/h, bouclier thermique à 2 760 °C, onze parachutes, amerrissage dans le Pacifique à moins de 27 km/h. La marine américaine récupère la capsule à 92 kilomètres des côtes californiennes.

Artemis III suivra en 2027 avec un rendez-vous orbital avec un atterrisseur Starship ou Blue Moon. En 2028, Artemis IV posera enfin des humains sur la surface lunaire. La première femme marchera sur la Lune. Mais rien de tout ça n’est possible sans ce vol-ci, sans ces dix jours où l’on vérifie simplement, méthodiquement, que tout fonctionne. Pour ne rien manquer de notre actualité, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

François Deymier (rédaction btlv source Cité de l’espace – photo home page @btlv via adobe stock)

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