Cosmos : et si Mars n’était plus qu’à trente jours de la Terre ?

12 mai 2026

Mars n’a jamais semblé aussi loin. Pour une mission habitée, les calculs actuels imposent presque trois années d’absence : le trajet aller, l’attente sur place, puis le retour au bon moment orbital. Une mécanique froide, dictée par les positions des planètes. Et pourtant, un cosmologue brésilien pense avoir mis la main sur une faille dans ce calendrier spatial.

Marcelo de Oliveira Souza n’était pas en train de chercher une nouvelle route pour les astronautes. Il travaillait sur des astéroïdes géocroiseurs lorsqu’un objet, baptisé 2001 CA21, a retenu son attention. Ses premières données orbitales semblaient dessiner une trajectoire étrange, comme si l’astéroïde naviguait entre les orbites de la Terre et de Mars en suivant un couloir inhabituellement direct.

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Les calculs ont ensuite été affinés. L’orbite réelle n’était pas aussi spectaculaire qu’au premier regard. Mais quelque chose subsistait : l’idée qu’il pouvait exister, dans certaines configurations très précises, des passages interplanétaires bien plus courts que ceux utilisés aujourd’hui.

DES TRAJETS QUI CHANGENT D’ÉCHELLE

Les simulations publiées dans Acta Astronautica évoquent des durées qui bouleversent complètement les standards actuels. Dans le scénario le plus extrême, un voyage vers Mars pourrait descendre à trente-quatre jours seulement.

Même les chercheurs admettent avoir été surpris par les résultats. Souza raconte avoir compris l’ampleur du phénomène lors de l’opposition de 2020, lorsque Mars et la Terre étaient particulièrement proches. À partir des anciennes données orbitales de l’astéroïde, il a commencé à explorer d’autres configurations possibles, comme si ces trajectoires imparfaites révélaient des raccourcis cachés dans l’architecture du système solaire.

L’idée ressemble presque à de la science-fiction : utiliser des erreurs initiales de calcul pour découvrir des corridors spatiaux plus rapides.

LE VRAI OBSTACLE RESTE LA VITESSE

Le problème n’est pas la trajectoire. C’est l’énergie qu’il faudrait pour l’emprunter.

Pour atteindre ces routes express, un vaisseau devrait quitter la Terre à plus de 32 kilomètres par seconde. À ce niveau, les moteurs chimiques actuels atteignent leurs limites. Il faudrait embarquer tellement de carburant que le vaisseau deviendrait lui-même trop lourd à lancer.

Souza a donc cherché des compromis plus réalistes. En étudiant plusieurs fenêtres de tir futures notamment 2027, 2029 et 2031 il a identifié une configuration beaucoup plus crédible. Celle de 2031 attire particulièrement l’attention.

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Le scénario imaginé reste ambitieux : départ le 20 avril 2031, arrivée autour de Mars trente-trois jours plus tard, une courte présence près de la planète rouge, puis un retour vers la Terre en environ trois mois. Total estimé : cent cinquante-trois jours pour l’aller-retour complet. À l’échelle spatiale, c’est presque brutalement court.

UNE IDÉE ENCORE THÉORIQUE, MAIS PRISE AU SÉRIEUX

Rien ne garantit aujourd’hui qu’un tel voyage soit réalisable. Entre les équations et une mission habitée réelle, il existe une montagne de contraintes : masse du vaisseau, sécurité des équipages, résistance des matériaux, propulsion, exposition aux radiations.

Mais les vitesses évoquées ne relèvent plus totalement du fantasme. Certaines sondes les ont déjà approchées. New Horizons, lancée vers Pluton, dépassait les 16 km/s à son départ. Les futurs lanceurs lourds, comme SpaceX avec Starship ou Blue Origin avec New Glenn, pourraient rapprocher ce type de mission d’une réalité technique.

Le plus important est peut-être ailleurs. Cette étude ouvre une nouvelle manière de penser les voyages interplanétaires. Pendant longtemps, les premières estimations orbitales des astéroïdes étaient vite abandonnées une fois les calculs corrigés. Souza propose exactement l’inverse : regarder ces trajectoires “imparfaites” comme des indices capables de révéler des routes encore invisibles.

Comme si le système solaire cachait depuis toujours des passages secrets entre les planètes. Pour ne rien manquer de l’actualité scientifique, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

François Deymier (rédaction btlv source Phys.org – photo home page @btlv via adobe stock)

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