Physique quantique : Trump signe deux décrets pour prendre l’avantage dans la course mondiale

30 juin 2026

« Nous allons investir dans le leadership américain comme jamais auparavant. » Fidèle à son style péremptoire, Donald Trump vient d’imposer un tempo radical au développement de l’informatique quantique. Par le biais de deux décrets présidentiels, la Maison Blanche jette tout son poids dans la balance, exigeant des agences fédérales la mise en service d’un ordinateur quantique opérationnel pour la recherche scientifique dès 2028.

En parallèle, une seconde directive impose le déploiement généralisé d’une cryptographie post-quantique sur l’ensemble des systèmes gouvernementaux d’ici 2031. Une accélération notable : si l’administration Biden visait l’horizon 2035 pour sécuriser les données nationales, Washington resserre désormais l’étau autour de cette échéance critique.

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L’enjeu dépasse largement le simple cadre technologique. À terme, une machine quantique suffisamment robuste pulvérisera les verrous numériques protégeant aujourd’hui nos échanges bancaires, communications militaires et infrastructures névralgiques. Ce « Q-Day », bien que théorique et encore distant, hante les états-majors. La menace est déjà à l’œuvre : des puissances étrangères interceptent et stockent massivement des données chiffrées, dans l’espoir de les décrypter demain, sitôt la puissance de calcul requise acquise. Pour contrer ce scénario, Google a déjà révisé ses propres calendriers, tablant sur 2029 pour fiabiliser ses parades face à ce péril.

Pour saisir l’urgence, il faut comprendre le gouffre qui sépare nos machines actuelles, fondées sur des bits binaires, de ces processeurs quantiques. Grâce aux qubits, capables d’évoluer dans plusieurs états simultanément, et au phénomène d’enchevêtrement, ces ordinateurs promettent de résoudre en quelques minutes des équations dont le traitement prendrait des millénaires à nos supercalculateurs les plus performants. Applications concrètes ? Simulation moléculaire pour la pharmacologie, modélisation climatique ou optimisation logistique de haute volée.

La réalité, pour l’instant, se terre dans des laboratoires sous cloche. Loin, très loin, de l’ère de la puissance industrielle débridée que l’on nous promet. Pour espérer faire voler en éclats les verrous cryptographiques qui protègent nos données, il manque encore ce saut technologique colossal : construire des machines cent, voire mille fois plus musclées que nos prototypes balbutiants. L’injonction politique a beau tomber comme un couperet, elle se fracasse contre le mur du réel. Les ingénieurs le savent, les lois de la physique ne se décrètent pas : il reste au moins dix ans de sueur et de tâtonnements avant que cette puissance ne bascule réellement dans le monde tangible.

L’EUROPE ET LA CHINE DANS LA COURSE

Paris ne regarde pas passer les trains. Sous l’impulsion du programme PROQCIMA, piloté par la DGA, la France injecte un milliard d’euros supplémentaire via France 2030, portant l’effort global à trois milliards d’ici 2030. Cinq pépites tricolores, Alice & Bob, Pasqal, Quandela, Quobly et C12 sont au front, avec pour mission de stabiliser 1 024 unités de calcul d’ici 2032. L’ANSSI, sentinelle de notre cyberdéfense, a d’ailleurs posé ses jalons : dès 2027, elle interdira la certification des produits dépourvus de protections post-quantiques, avant de rendre les achats « quantum-safe » obligatoires pour tous les opérateurs critiques en 2030.

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Le Vieux Continent, dans son ensemble, multiplie les fronts, entre les trois milliards d’euros débloqués par l’Allemagne et les treize milliards d’euros du programme Quantum Flagship de l’Union européenne. Le Royaume-Uni, de son côté, maintient une pression constante avec des investissements massifs. Mais c’est bien la Chine qui inquiète le plus, avec une enveloppe estimée à 15 milliards de dollars. Leur champion, Origin Quantum, a d’ailleurs franchi un nouveau cap en mai 2026 avec le Wukong-180, un processeur affichant 180 qubits. À la lumière de ces données, le volontarisme affiché par Donald Trump ressemble moins à une conquête de territoire qu’à une manœuvre de rattrapage stratégique pour ne pas se laisser distancer par ses concurrents globaux. Pour ne rien manquer de l’actualité liée à la physique quantique, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

François Deymier (rédaction btlv source The White House – photo home page @btlv via adobe stock)

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