(SCIENCE) L’hypothèse Gaïa revient à la mode… la terre serait un organisme vivant !

9 décembre 2020

9 décembre — L’ensemble des êtres vivants sur Terre formerait ainsi un vaste super organisme appelé « Gaïa », d’après le nom de la déesse de la mythologie grecque personnifiant la Terre. Cette hypothèse est née dans les années 70, selon les travaux  du climatologue anglais, James Lovelock, en collaboration avec la microbiologiste américaine Lynn Margulis, mais également évoquée par d’autres scientifiques avant eux. Depuis 50 ans, cette théorie a été largement rejetée par le monde scientifique, mais elle est en train de s’imposer dans toutes les géosciences modernes. Car les experts en sont convaincus : seul ce nouveau regard permet de prédire les risques de changement climatique, océanographique ou écologique que les activités humaines font peser sur notre monde.

UN ORGANISME VIVANT

L’idée au départ semblait farfelue, mais avec la montée de la conscience écologique, de plus en plus de scientifiques commencent à accepter que la Terre est un être vivant.

Selon cette théorie, la biosphère, l’atmosphère, l’hydrosphère de notre planète forment un seul système autorégulé. Des réseaux complexes d’interconnexions internes la font évoluer lentement vers des conditions capables de supporter une vie de plus en plus riche et diversifiée. La vie fournit à Gaïa la stabilité, la capacité de se remettre de catastrophes mondiales – par exemple, la chute de grandes météorites – et de reprendre son développement.

Il n’est guère surprenant que l’idée exprimée par James Lovelock au début des années 1970 ait été d accueillie avec sarcasmes par les scientifiques. Cependant, elle a immédiatement trouvé ses partisans. Et depuis, de nombreux scientifiques ont commencé à la regarder beaucoup plus favorablement. L’hypothèse ne peut être considérée comme prouvée ou du moins étayée de manière fiable, mais dans certaines universités, on enseigne cette hypothèse Gaïa. Elle inspire des scénaristes, des philosophes et des écologistes.

UN HYPOTHÈSE PROVOCATRICE

C’est en étudiant et comparant la Terre avec d’autres planètes que  l’idée est venue à James Lovelock. Lors d’un entretien avec Science & Vie, il y a quelques années, Lovelock a évoqué son “moment Eurêka” : “En 1965, je travaillais pour la NASA, qui s’intéressait à l’existence de la vie sur Mars. Je me suis dit que si Mars était une planète morte, alors la composition chimique de son atmosphère, détectable à distance, serait certainement proche de l’équilibre thermodynamique. Pour vérifier la justesse du raisonnement, je me suis interrogé sur l’atmosphère terrestre et j’ai réalisé que celle-ci contient d’importantes quantités d’oxygène et de méthane, un mélange instable qui n’aurait pu se maintenir pendant des centaines de millions d’années sans un système de régulation. Et là, il m’est apparu que ce système c’est la vie. La Terre était donc vivante, tandis que Mars, avec son atmosphère dominée, était morte.”

Il en tira donc cette conclusion que si la Terre a réussi, 4 milliards d’années durant, à se maintenir dans un état relativement stable et favorable à la vie, qu’il s’agisse de sa température globale ou de la composition chimique de son atmosphère et de ses océans et ce, en dépit de toutes sortes de perturbations : volcanisme, bombardements d’astéroïdes, augmentation de 30 % du rayonnement solaire incident…

Pendant  une dizaine d’années James Lovelock améliorera son hypothèse et la  publiera en 1974, avec Lynn Margulis, l’une des plus grandes biologistes de cette époque, puis sortira  son premier livre La terre est un être vivant – L’hypothèse Gaïa , en 1979.

François Deymier (rédaction btlv.fr)

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