Une statue monumentale vieille de 6 500 ans, des sépultures inhabituelles et un mystérieux monument funéraire ne contenant aucun corps viennent d’être retrouvés à Champigny-sur-Marne, près de Paris.
C’est une découverte que personne n’attendait à cet endroit. Des archéologues viennent de mettre au jour un site exceptionnel qui pourrait nous en apprendre davantage sur les croyances et les rites de nos lointains ancêtres. Alors que des fouilles préventives étaient réalisées dans le cadre de la construction d’un programme immobilier, les équipes de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont découvert les vestiges d’une étonnante nécropole datant du Néolithique moyen, entre 4750 et 4300 avant notre ère à Champigny-sur-Marne.
Les chercheurs disent avoir identifié onze tombes, une trentaine de blocs mégalithiques et plusieurs structures réalisées en bois, en terre et en pierre. Mais c’est surtout la présence d’une gigantesque statue qui a retenu leur attention.
UNE STATUE GÉANTE DONT LA SIGNIFICATION RESTE INCONNUE
Mesurant 3 mètres de long, 1,68 mètre de large et pesant près de 10 tonnes, cette statue-menhir constitue l’une des découvertes les plus remarquables du site. Contrairement à un simple bloc de pierre, elle présente des éléments volontairement sculptés évoquant une silhouette humaine.
Les archéologues ont notamment identifié une ceinture gravée, plusieurs petites cavités circulaires et de possibles traces de pigments noirs et blancs. Selon les chercheurs, à l’origine, la statue aurait pu être peinte. Reste à savoir ce qu’elle représentait ? Un ancêtre vénéré ? Un personnage important de la communauté ? Une figure associée à des croyances religieuses aujourd’hui disparues ?
Pour l’instant, les chercheurs ne disposent d’aucune réponse définitive. Pour les archéologues, le monument a été retrouvé couché dans la fosse qui servait autrefois à le maintenir debout. Cette disposition pourrait témoigner de son effondrement et de son abandon.
UN MORT ENTERRÉ ASSIS ET UNE TOMBE SANS CORPS
Parmi les onze sépultures découvertes, l’une contient les restes d’un adulte enterré en position assise, dans une fosse étroite ressemblant à un puits. Une disposition particulièrement inhabituelle qui rend intéressante cette nécropole qui réserve d’autres surprises. Les jambes et les pieds du défunt étaient recouverts de calcite, un dépôt minéral formé au fil du temps. Pourquoi cet individu a-t-il bénéficié d’un traitement funéraire différent des autres ? Était-il un personnage important ? Sa position répondait-elle à un rituel particulier ? Là encore, le mystère demeure.
Lors de ces fouilles, les archéologues ont également découvert une structure encore plus intrigante : un tertre constitué de terre, de pierres et d’éléments en bois, évoquant un monument funéraire, sauf qu’aucune sépulture n’a été retrouvée en dessous. Les chercheurs pensent qu’il ait pu servir de repère monumental ou jouer un rôle symbolique dans l’organisation de la nécropole.
DES BÂTISSEURS BIEN PLUS INGÉNIEUX QU’ON NE L’IMAGINAIT
Les fouilles ont également révélé l’utilisation d’un matériau ressemblant à une forme primitive de ciment. Les bâtisseurs auraient mélangé des sédiments riches en carbonates, des graviers et de l’eau afin de consolider certaines constructions.
Une découverte qui témoigne de leur maîtrise technique. Reste à comprendre comment ces populations ont déplacé et dressé une pierre de près de dix tonnes, à une époque où les moyens de transport étaient rudimentaires. Des analyses génétiques et isotopiques doivent désormais permettre d’en apprendre davantage sur l’origine des personnes enterrées, leur alimentation et leurs éventuels liens de parenté.
Qui étaient ces hommes et ces femmes ? Pourquoi ont-ils érigé une statue monumentale au milieu de leurs morts ? Et quelles croyances se cachent derrière ces étranges pratiques funéraires ? Plus de six millénaires après leur disparition, les habitants de Champigny-sur-Marne viennent de nous laisser une nouvelle énigme à résoudre. Pour ne rien manquer de l’actualité liée à l’archéologie, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Bob Bellanca (rédaction btlv source Inrap – illustration home page @btlv via ChatGPT)







