À Champigny-sur-Marne, des archéologues de l’Inrap ont mis au jour un ensemble funéraire néolithique vieux d’environ 6 500 ans. Parmi les vestiges, une statue-menhir de plus de trois mètres, onze sépultures et un monument sans tombe soulèvent de nombreuses questions sur les pratiques de ces populations préhistoriques.
Sous les constructions de la banlieue parisienne, un paysage bien plus ancien refait surface. À Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, des fouilles préventives réalisées avant un projet immobilier ont révélé une nécropole associant sépultures, blocs mégalithiques et traces de structures en bois.
L’ensemble remonte au Néolithique moyen, entre 4750 et 4300 avant notre ère, selon l’Inrap. Il rassemble trente blocs mégalithiques et onze tombes : un témoignage précieux sur l’organisation des espaces funéraires de cette période en Île-de-France.
UNE STATUE-MENHIR AUX DIMENSIONS IMPOSANTES
La pièce la plus spectaculaire mesure 3,04 mètres de long, 1,68 mètre de large et 74 centimètres d’épaisseur, pour un poids estimé à 9,7 tonnes. Cette statue-menhir, une pierre travaillée pour évoquer une silhouette humaine, a été retrouvée couchée dans sa fosse d’implantation.
Comme le détaille Arkeonews dans sa présentation des fouilles, sa surface porte notamment une ceinture gravée et de petites cavités appelées cupules. Des traces blanches et noires pourraient également correspondre à d’anciens pigments. L’hypothèse d’une statue autrefois peinte reste toutefois à confirmer. Arkeonews
Que représentait-elle pour les habitants du Néolithique ? Sa présence dans cet ensemble funéraire constitue un indice important, mais sa signification précise demeure inconnue. À écouter également sur BTLV : « Les Mégalithes du Pilat », avec André Douzet.
UN ADULTE ENTERRÉ EN POSITION ASSISE
Les sépultures réservent une autre surprise. Alors que plusieurs défunts ont été déposés allongés, une fosse circulaire étroite contenait les restes d’un adulte en position assise. La partie inférieure de ses jambes et ses pieds étaient pris dans de la calcite.
Cette accumulation minérale, liée à des eaux riches en calcaire, ne permet pas de conclure à un traitement rituel volontaire. La raison de cette position funéraire particulière reste, elle aussi, à éclaircir.
Des objets accompagnaient certaines sépultures, notamment des lames et des pointes en silex, une hache en grès et des outils en os, rapporte Archaeology Magazine dans son article du 5 novembre.
UN MONUMENT SANS SÉPULTURE IDENTIFIÉE
Un autre aménagement intrigue les chercheurs : un tertre associé à des fosses, des traces de poteaux, des blocs de pierre et une petite stèle brisée. Malgré son implantation dans l’ensemble funéraire, aucune tombe n’a été retrouvée à l’intérieur.
Cette absence invite à la prudence. Le monument pouvait remplir une fonction de repère ou participer à l’organisation du site, mais son rôle exact n’est pas établi. Un espace aménagé à proximité des morts n’était pas nécessairement destiné à recevoir une sépulture. Arkeonews
La difficulté à déterminer la fonction des constructions préhistoriques se retrouve dans d’autres recherches, présentées notamment dans notre article sur les possibles zones d’habitation de Göbekli Tepe.
UN NOUVEAU REGARD SUR LA PRÉHISTOIRE FRANCILIENNE
L’intérêt de Champigny-sur-Marne dépasse ainsi la taille de son impressionnante statue-menhir. Les tombes, les pierres et les vestiges de constructions permettent d’étudier ensemble la manière dont une communauté organisait un lieu consacré à ses morts.
Les découvertes sont concrètes ; leur interprétation reste en partie ouverte. La signification des gravures, l’éventuelle présence de peintures et les différences entre les sépultures constituent autant de pistes pour mieux connaître ces populations installées près de la Marne il y a plus de six millénaires. Inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source Inrap, Archaeology Magazine et Arkeonews – photo home page @btlv)







