Artefact : un objet vieux de 2 700 ans aurait dû être « impossible » à réaliser avec les outils de l’époque

1 juillet 2026

Une découverte archéologique surprenante au cœur d’Israël a donné aux scientifiques une vision inédite des traditions religieuses, des réseaux commerciaux étendus et des évolutions culturelles qui ont transformé l’ancien Proche-Orient.

ABO YOUTUBE (18)

Ce petit artefact, découvert sur le site historique de Tel Hadid, remonte à environ 2 700 ans. Les archéologues l’ont reconnu comme un sceau-cachet, un objet courant de l’époque et de la région, sauf que des analyses plus poussées ont montré qu’il était plus sophistiqué que les autres sceaux de cette époque.

Dans un article récent publié dans la revue Levant, l’archéologue Ido Koch de l’université de Tel Aviv et ses collaborateurs ont noté que « ce sceau-cachet est exceptionnel en raison de son matériau ». Fabriqué en nacre, ce sceau-cachet est considéré par les chercheurs comme un artefact unique, introduisant un matériau inédit dans le répertoire des sceaux-cachets du sud du Levant.

ARTEFACT SCEAU ARTICLE

Crédit photo @Sasha Flit, TAU

UNE MATIERE TROP DELICATE POUR LES OUTILS DE L’EPOQUE

À l’époque du fer, les sceaux étaient généralement réalisés en pierres dures. L’utilisation de nacre par l’artisan du sceau de Tel Hadid soulève des interrogations, car ce matériau délicat aurait rendu sa gravure avec les outils de l’époque extrêmement complexe, voire impossible, selon les experts. Selon Ido Koch et son équipe, il aurait été pratiquement irréalisable de créer un tel sceau en nacre avec les techniques disponibles aux artisans du Proche-Orient il y a près de 27 siècles. La question est de savoir pourquoi alors l’artisan de l’époque a choisi de réaliser une telle prouesse technique ?

Le site archéologique de Tel Hadid, ou al-Haditha, se trouve dans la forêt de Ben Shemen, au centre d’Israël, entre les villes actuelles de Jérusalem et de Tel Aviv. Il y a 2 700 ans, sa position stratégique surplombant la plaine côtière était d’une grande importance. C’est en 2019 que l’équipe de Ido Koch a découvert ce sceau lors de fouilles. Ils ont déterminé qu’il provenait de l’huître perlière Pinctada margaritifera, originaire du golfe Persique et de la mer Rouge.

DAKOTA 1

Au-delà du nacre utilisé, cette découverte est significative car elle implique que le matériau fut transporté sur des centaines de kilomètres avant d’arriver à Tel Hadid. En tenant compte de l’origine de l’artefact et du savoir-faire nécessaire à sa fabrication, Ido Koch et ses collègues concluent que ce sceau-cachet exceptionnel illustre les transformations majeures survenues après la conquête assyrienne du royaume d’Israël à la fin du VIIIe siècle avant J.-C.

Durant cette période, les populations sous le contrôle des Assyriens étaient souvent relocalisées dans divers endroits de l’empire, ce qui a conduit à la création de communautés où se côtoyaient des cultures habituellement reliées uniquement par de grandes routes commerciales s’étendant de l’Arabie à la Mésopotamie et plus loin encore. Le sceau en question semble illustrer ces connexions étendues, car il est supposé que la nacre fut transportée avec les biens précieux d’une des nombreuses familles déplacées.

Néanmoins, il est aussi envisageable que cet objet ait été importé via les réseaux commerciaux prospères qui se sont développés avec la montée en puissance de l’empire assyrien.

UNE GRAVURE IMPORTANTE

Selon l’archéologue et ses collaborateurs, le motif gravé pourrait offrir des informations sur les origines de l’artefact. Plutôt que de montrer des images d’origine israélite, il représente un croissant de lune sur un support triangulaire ; une figure humaine est également présente, les bras levés en signe de vénération. Ces représentations sont liées à Sin, le dieu lunaire de la Mésopotamie, dont les adeptes se sont discrètement installés dans les provinces occidentales de l’Assyrie.

En plus des images qu’elle représente, la faible profondeur de la gravure, probablement due à la fragilité du matériau, indique que l’objet était peut-être utilisé comme une amulette à cause de sa valeur religieuse, plutôt que comme un sceau.

ABO BTLV SOUTIEN

Le nacre rare et inattendu pour la création d’un tel objet, son imagerie religieuse, et la qualité de sa fabrication fournissent tous des indices sur le multiculturalisme au sein des communautés sous l’ancienne domination assyrienne.

« Ce sceau illustre comment un motif colonial reconnu a été matériellement intégré dans un contexte provincial assyrien occidental (…) tout en fournissant une occasion unique d’étudier les techniques et les défis de la gravure de sceaux en nacre ». Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux grandes énigmes archéologiques, inscrivez-vous à la newsletter btlv.

Bob Bellanca (rédaction btlv source Revue Levant – photo home page @Sasha Flit, TAU)

Accédez à des émissions exclusives avec nos offres sans engagement
Découvrez nos offres

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch
La connaissance ne s'arrête pas... J'explore tout l'univers de BTLV !
Je rejoins BTLV

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch

Actus susceptibles de vous intéresser

Aller en haut