Une expérience médicale inédite au Brésil a révélé qu’une forte dose de psilocybine, un composé actif des champignons hallucinogènes, a temporairement restauré certaines capacités perdues chez une femme de 80 ans souffrant de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé.
Nous en avons déjà parlé sur btlv, les psychotropes sont de plus en plus étudiés dans le cas de certaines maladies. L’expérience qui a été réalisée au Brésil remet en question la compréhension actuelle des capacités cachées du cerveau. Pour les spécialistes en neurologie, la maladie d’Alzheimer à un stade avancé est souvent considérée comme une phase terminale, rendant la récupération de la parole, de la marche et du contrôle des sphincters pratiquement impossible.
Cependant, un article publié en mai 2026 dans la revue Frontiers in Neuroscience rapporte le cas où une femme âgée a retrouvé brièvement ces fonctions. Suite à un protocole expérimental, la malade a pu parler à nouveau, marcher sans assistance et conserver sa propreté.
UNE DOSE IMPORTANTE DE PSILOCYBINE
Dans le cas présent, 5 grammes de champignons Enigma ont été prescris à la patiente, bien plus que les quantités habituellement testées. L’octogénaire, souffrait de la maladie d’Alzheimer depuis près de dix ans, avec une capacité de parole réduite à des mots isolés, une incontinence et une dépendance presque totale. Les chercheurs de la revue Frontiers in Neuroscience pensent que l’amélioration temporaire observée indique la présence de capacités cachées dans un cerveau gravement affecté.
Suite à l’ingestion des 5 grammes de psilocybine, la patiente a connu une phase aiguë difficile, avec des symptômes tels qu’une forte transpiration et un état ressemblant à un sommeil profond. Un état qui ressemble à celui de certains drogués après un shoot.
Contre toute attente, près de 19 heures après la prise, la patiente s’est réveillée et a commencé à raconter des histoires de sa vie, alors qu’auparavant elle ne pouvait que prononcer quelques syllabes. Le jour suivant, elle a reconnu ses proches et a commencé à marcher sans assistance le surlendemain. Entre le deuxième et le troisième jour, elle a commencé à s’habiller seule, à prendre des initiatives, et ses protections sont restées sèches, même la nuit, après cinq ans d’incontinence. Ces améliorations ont duré plusieurs semaines.
Un mois plus tard, une deuxième dose a été administrée à la malade mais de seulement 3 grammes de psilocybine. Les médecins ont noté une augmentation de l’expression verbale, des expressions faciales, de l’humour et une démarche plus vive chez la patiente, qui a même exprimé spontanément son plaisir d’être présente.
ALZHEIMER : LES CAPACITES CACHEES DU CERVEAU
Ce que l’on a découvert est que la psilocybine agit sur le récepteur de la sérotonine 5-HT2A et modifie les réseaux cérébraux majeurs, y compris le réseau par défaut associé à la mémoire autobiographique. Les chercheurs brésiliens pensent que leurs découvertes laissent entrevoir la possibilité de capacités fonctionnelles encore présentes dans le cerveau, même à un stade avancé de la neurodégénérescence.
L’étude met l’accent sur le retour inattendu de la continence, un phénomène difficile à expliquer par le hasard, et le relie à des recherches menées sur des souris, où des fonctions considérées comme perdues réapparaissent lorsque les circuits neuronaux appropriés sont correctement réactivés.
PSILOCYBINE : DE LA PRUDENCE ET UN ESPOIR FRAGILE
Cependant, il est important de noter que ce rapport représente un cas isolé, sans protocole clinique formel, sans groupe de contrôle, et sans imagerie ou biomarqueurs pour valider le diagnostic. Les auteurs précisent que ces résultats ne signifient pas une guérison de la maladie, mais suggèrent que des capacités fonctionnelles pourraient subsister à un stade avancé de la neurodégénérescence et pourraient être temporairement accessibles sous certaines conditions de modulation neurologique.
Le neuroscientifique Dustin Hines souligne que ces résultats doivent être interprétés avec prudence, insistant sur le fait qu’il s’agit d’un cas unique et non d’une preuve de guérison. Il déconseille toute expérimentation personnelle et préconise de suivre des essais cliniques rigoureux, réalisés sur des patients à un stade précoce de la maladie et avec des doses de psilocybine plus faibles. Pour ne rien manquer de l’actualité liée aux grandes découvertes médicales, inscrivez-vous à la newsletter btlv.
Valentin Rican (rédaction btlv source Frontiersign – photo home page @btlv via ChatGPT)







