(COLLAPSOLOGIE) En 1972, une étude du M.I.T prédisait l’effondrement de la société pour le XXIème siècle

22 juillet 2021

22 juillet 2021 – Il nous reste 79 ans pour voir s’effondrer notre société, c’est dans tous les cas ce que des chercheurs du M.I.T annonçaient dans les années 1970. En 1972, une étude prédisait qu’une croissance économique rapide entraînerait l’effondrement de la société au milieu du 21e siècle. À partir de nouvelles données numériques, une étude réalisée par la directrice de l’un des plus grands cabinets comptables au monde révèle qu’il faut prendre cela très au sérieux, car au vu des résultats, le risque d’effondrement de la civilisation industrielle semble être exact. 

RETOUR SUR UNE ÉTUDE

En 1972, une équipe de scientifiques du M.I.T s’est réunie pour étudier les risques d’effondrement de la civilisation. Leur modèle de dynamique du système, publié à l’époque par le Club de Rome* avait identifié des « limites à la croissance » (LtG) imminentes qui signifiaient que la civilisation industrielle s’effondrerait au cours du 21e siècle, en raison de la surexploitation des ressources planétaires. Ridiculisée en son temps par des experts qui déformèrent ses conclusions et ses méthodes, elle vient de refaire surface grâce au cabinet KPMG, l’un des « quatre grands » cabinets comptables du monde.

Gaya Herrington

FREINER LA CROISSANCE

Publiée dans le Yale Journal of Industrial Ecology en novembre 2020 , l’étude disponible sur le site Web de KPMG, révèle que la trajectoire actuelle du statu quo de la civilisation mondiale se dirige vers le déclin final de la croissance économique au cours de la prochaine décennie et, au pire, pourrait déclencher l’effondrement de la société d’ici 2040 environ. Dirigée par Gaya Herrington, analyste de haut niveau et responsable de l’analyse de la durabilité et du système dynamique chez KPMG, démontre à quel point le modèle du M.I.T résiste à l’épreuve du temps. Projet personnel, l’étude non affiliée à KPMG, est pour elle le prolongement de sa thèse de maîtrise (ndlr : en anglais) à l’Université Harvard en sa qualité de conseillère du Club de Rome. Malgré tout, on peut lire sur le site de KPMG les écrits de la chercheuse : « Compte tenu de la perspective peu attrayante de l’effondrement, j’étais curieuse de voir, aujourd’hui, quels scénarios s’alignaient le plus étroitement sur les données empiriques. Après tout, le livre qui révélait l’étude du M.I.T et présentait cet effondrement mondial était un best-seller dans les années 70, et nous avons maintenant plusieurs décennies de données empiriques qui rendent la comparaison significative. Comme je n’ai pas pu trouver d’analyses récentes pour cela, j’ai décidé de le faire moi-même ».

LE RISQUE D’EFFONDREMENT

Intitulée « Mise à jour des limites de la croissance : comparaison du modèle World3 avec des données empiriques », l’étude tente d’évaluer comment le modèle « World3 » du M.I.T se compare aux nouvelles données empiriques. Si la dernière étude remonte à 2014, celle de Gaya Herrington examine les données de 10 variables clés, à savoir l’empreinte écologique, la démographie, la mortalité, les énergies non-renouvelables, le taux de pollution, le bien-être humain, la production alimentaire, les services, l’industrialisation, la fécondité, et les mouvements de populations. Grâce à toutes ces données, la chercheuse constate que les dernières correspondent à deux scénarios particuliers, le « BAU2 » (business-as-usual) et le « CT » (technologie globale). 

Comme on peut le lire dans l’étude : « Les scénarios BAU2 et CT montrent un arrêt de la croissance d’ici une dizaine d’années. Ils indiquent qu’il n’est pas possible de poursuivre le statu quo, c’est-à-dire de poursuivre une croissance continue. Même lorsqu’il est associé à un développement et à des avancées technologiques sans précédent, le statu quo, tel que modélisé par LtG, entraînerait inévitablement une baisse du capital industriel, de la production agricole et des niveaux de bien-être au cours de ce siècle ». Toutefois, si cela semble catastrophique, Gaya Herrington, souligne que dans les modèles du M.I.T World3, l’effondrement « ne signifie forcément pas que l’humanité cessera d’exister », mais plutôt que « la croissance économique et industrielle s’arrêtera, puis déclinera, ce qui nuira à la production alimentaire et au niveau de vie de chaque humain. Si le calendrier de la chercheuse annonce le scénario BAU2 et une forte baisse vers 2040, le déclin économique devrait s’installer autour de cette date avec une série de conséquences négatives possibles.

10 ANS SEULEMENT POUR ÉVITER LA CHUTE

L’étude révèle que le progrès technologique et l’augmentation des investissements dans les services publics pourraient non seulement éviter le risque d’effondrement, mais conduire à une nouvelle civilisation stable et prospère fonctionnant en toute sécurité et prenant en compte les limites planétaires. Pour l’analyste, « nous n’avons vraiment que la prochaine décennie pour changer de cap ». 

En conclusion, l’étude indique : « À ce stade, les données qui correspondent le mieux aux scénarios CT et BAU2 indiquent un ralentissement et un arrêt éventuel de la croissance au cours de la prochaine décennie, mais le modèle World3 pose la question de savoir si le déclin ultérieur constituera un effondrement ». 

Dans une présentation au Forum économique mondial de 2020 en sa qualité de directrice de KPMG, Gaya Herrington a plaidé en faveur d’une croissance qui se concentre sur d’autres objectifs et d’autres priorités économiques : « Changer ne veut pas dire capituler face à un sinistre annoncé. Nous pouvons agir et produire différemment. Les données en notre possession suggèrent que ce que nous déciderons au cours des 10 prochaines années déterminera le destin à long terme de la civilisation humaine ». 

Bob Bellanca (rédaction btlv.fr)

*Le Club de Rome est un groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de 52 pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu’en développement. 

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch

Partagez et suivez nous sur nos réseaux réseaux !

Facebook Twitter YouTube Instagram TikTok Twitch

Actus susceptibles de vous intéresser

Aller en haut