ARCTIQUE : c’est plusieurs centaines de lacs qui disparaissent

2 janvier 2019

2 janvier 2019 — Alors qu’on ne s’y attendait pas, de nouvelles recherches indiquentqu’à cause du réchauffement climatique, des centaines de petits lacs et étangs de la toundra arctique sont en train de disparaître.

Bon, il est un fait que l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, et que l’on associe généralement ce réchauffement rapide à la fonte des glaciers. Nous serions donc enclins à imaginer que, suite à la fonte du pergélisol (sol gelé en permanence), les lacs pourraient donc s’agrandir en surface. C’est pourtant bien le contraire qui est observé. Une étude présentée il y a quelques jours lors de la réunion d’automne de l’American Geophysical Union à Washington suggère que de nombreux points d’eau présents depuis plusieurs dizaines d’années auraient tout simplement disparu en quelques décennies seulement. Les chercheurs ne s’y attendaient pas !

Or, les images satellites sont formelles : plus de 400 étangs près de la ville de Kangerlussuaq, à l’ouest du Groenland, ont disparu depuis 1969. Il y en avait auparavant 2 000. Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs lancent deux hypothèses. La première est que la hausse des températures enregistrée au cours de ces dernières années a favorisé l’évaporation des différents points d’eau. La deuxième hypothèse est que la fonte du pergélisol pourrait également amener les sols à se ramollir. L’eau des lacs pourrait alors se retrouver drainée sous la terre. Un sol ramolli aurait également pour effet de libérer des éléments nutritifs en surface, favorisant la prolifération des plantes.

Ces trois effets —séparément ou ensemble— pourraient donc expliquer pourquoi des centaines de points d’eau ont disparu depuis les années 60. On note que le même phénomène a également été observé en Alaska. En 2015, une étude avait en effet révélé que 500 des 2 800 étangs de la péninsule de Barrow avaient également disparu depuis les années 1940. Outre le fait d’être un énième signe prouvant qu’un réchauffement climatique sévère est à l’œuvre, ce nouveau constat inquiète également pour ses effets sur la faune locale.

Les lacs et les étangs sont en effet habités et fréquentés par de nombreuses espèces, des oiseaux migrateurs aux petits mammifères, en passant par les grands caribous. À l’avenir, le terrain pourrait également devenir plus propice aux incendies, préviennent les chercheurs, ou encore favoriser la libération de méthane et de dioxyde de carbone supplémentaires, jusqu’ici piégés dans les sols.

Une récente étude publiée il y a quelques semaines a en effet révélé que la fonte du pergélisol expose aujourd’hui des roches autrefois recouvertes. Problème : dans l’Ouest canadien, l’eau contient de l’acide sulfurique qui vient ensuite éroder les roches libérées. Le dioxyde de carbone contenu autrefois est alors libéré dans l’atmosphère. En d’autres termes, le réchauffement climatique entraîne encore plus de réchauffement. Un véritable cercle vicieux.

Henri Coron (btlv.fr/source scientificamerican.com)

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